Pourquoi il ne faut surtout pas prendre de bonnes résolutions !

Vous l’aurez constaté, les conseils à propos des bonnes résolutions à prendre pour 2018 abondent ces jours-ci. Et c’est chaque année la même rengaine : faire du sport, manger bio, aller se coucher tôt, remplir ses objectifs professionnels, et j’en passe… Alors, mis à part le fait que j’aime bien essayer de penser autrement, je crois sincèrement que prendre des bonnes résolutions n’est pas une bonne idée. Et je vais vous expliquer pourquoi, en vous parlant plutôt de motivation :

• Le Larousse définit le terme résolution comme une « Décision volontaire arrêtée après délibération et avec l’intention de s’y tenir ». Voilà des mots qui mettent la pression, non ? Je trouve qu’à elle seule, la définition fait froid dans le dos : j’y vois quelque chose de très rigide, d’imposé voire de contraignant. Les bonnes résolutions, c’est bien, mais c’est de motivation qu’il s’agit pour les mettre en œuvre !

• Comment s’approprie-t-on ces décisions qu’on appelle les bonnes résolutions ? Qu’est-ce qui nous dit que nos résolutions sont le fruit d’un choix délibéré ? Sont-elles dictées par notre intuition pour ce qui est bon pour nous ou par la société ? Qu’est-ce qui nous a motivé à les choisir ?

• Les résolutions, on le sait tous, elles sont faites pour « être prises » mais pas tellement pour « être tenues ». On en prend à la rentrée, à nos anniversaires, pour le nouvel an, mais connaissez-vous quelqu’un qui a déjà tenu ses résolutions ? On sait bien que passées les premières semaines, on s’essouffle.

• Les bonnes résolutions sont censées nous faire avancer, mais si ce n’est pas le cas, alors qu’est-ce qui nous motive vraiment à grandir et à évoluer dans nos vies ? Qu’est-ce qui fait qu’on a envie d’accomplir des choses, qu’on trouve en nous de la détermination et de la persévérance ? En d’autres termes, qu’est-ce qui nous motive vraiment à adopter tel comportement ou à s’inscrire dans tel projet ?

De nombreuses études ont été faites en Psychologie Sociale pour comprendre qu’est-ce que la motivation et d’où vient-elle. Ce sont les psychologues R. Deci et R. Ryan, qui sont à l’origine de la Théorie de la motivation en 1985. Selon eux, l’individu a trois besoins psychologiques fondamentaux qui vont lui permettre d’atteindre un idéal de développement personnel dans le cadre d’un environnement favorable à son épanouissement. Il s’agit du besoin de compétences (utiliser ses capacités de manière efficace), du besoin de relations sociales (être connecté aux autres) et, le plus important à mes yeux, du besoin d’autodétermination (être à l’origine de son propre comportement). Etre à l’origine de son comportement c’est être pleinement motivé et être libre de ses choix. On distingue deux sortes de motivation : la motivation intrinsèque, présente lorsqu’on fait quelque chose uniquement dans le but de faire cette chose, et la motivation extrinsèque si ce qui motive nos actions est dû à un facteur externe ou à une raison ultérieure à cette action. Avoir une motivation intrinsèque c’est avoir un projet qui permet de nourrir ses valeurs profondes et qui représente une vraie réalisation de soi. La motivation extrinsèque intervient plutôt quand on perçoit un gain extérieur comme de l’argent, de la gloire, de la reconnaissance extérieure ou un titre de certification.

Voilà une expérience que j’aime particulièrement à ce sujet. On constitue deux groupes de personnes auxquelles on demande de donner des cours à des détenus. Au premier groupe, on demande de donner ces cours bénévolement alors qu’on indique au second groupe qu’il sera rémunéré une certaine somme pour cette action. Il se trouve que le taux d’acceptation au sein du premier groupe est supérieur au taux d’acceptation dans le second groupe. Et oui, les personnes préféreront donner des cours bénévolement plutôt que rémunérées une certaine somme. Savez-vous pourquoi ? Car aider des détenus va nourrir les valeurs auxquelles elles adhèrent. Alors que donner une somme à une action vient « affaiblir leur cause » disent les chercheurs : ça limite la valeur de l’action à une somme arbitraire et ça nourrit les valeurs d’autres personnes (les chercheurs qui ont mené l’expérience). Intéressant, non ?

Alors je ne sais pas ce que vous avez décidé en termes de bonnes résolutions, mais avant de démarrer votre liste cette semaine, n’oubliez pas de vous demander si tout cela nourrit vos propres valeurs, si ça fait sens pour vous ou pour d’autres et si votre motivation vient de l’intérieur.

Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à commenter et à partager ! Et retrouvez mes articles sur https://www.clairedahan.fr/confidences-de-ma-psy/

Vous aimez...Partagez !

Ajouter un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publier. Champs Obligatoires*

Skype