L’importance des relations sociales

Si vous voulez estimer le niveau de bonheur d’une personne, ou même son espérance de vie, intéressez-vous à ses relations sociales !
Avoir un réseau social et tisser du lien est tellement important pour le bon développement d’un individu, que cela renforce l’immunité, augmente l’espérance de vie et réduit les risques de dépression ou les troubles de l’anxiété.

Robert Waldinger, psychiatre américain, a présenté récemment les résultats de la plus importante et la plus longue étude sur le bonheur.
L’équipe du laboratoire de développement de l’Université de Harvard (dont Waldinger est le 4ème directeur depuis le début de la recherche), a collecté des nombreuses informations sur 724 personnes pour essayer de définir ce qui pouvait nous assurer du bonheur tout au long de notre vie. C’est ainsi que pendant 75 ans, des hommes appartenant à deux classes sociales différentes ont été observés.

Le premier groupe de l’étude est composé d’étudiants à l’avenir prometteur, au sein d’une grande université américaine. Le second groupe est composé de jeunes du quartier le plus défavorisé de Boston, dont les perspectives professionnelles sont peu réjouissantes. Tous les deux ans, le laboratoire recueille des informations sur la vie personnelle de ces deux groupes, et ainsi de suite pendant toutes ces années avec des chercheurs se succédant.
Les personnes sont interviewées sur leur vie professionnelle et leurs projets, filmées en train de parler avec leurs femmes et leurs enfants, elles passent des examens médicaux (tels que des scanners du cerveau ou des prélèvements sanguins) dont les données sont soigneusement conservées.

En 2015, les données sont suffisamment importantes tant au niveau qualitatif que quantitatif pour amener à des conclusions et répondre à la question « Qu’est-ce-qui nous rend heureux ? ».

D’après cette étude, le secret du bonheur repose sur le fait :

1 – d’être socialement entouré :

les personnes les plus heureuses sont celles qui sont le plus en contact avec leur famille, leurs amis et la communauté. Les personnes isolées voient leur santé décliner, tout comme leurs capacités cognitives. De même, les personnes les plus heureuses à la retraite, sont celles qui ont su remplacer le travail par le lien social.

2 – de privilégier la qualité plutôt que la quantité de liens :

le type de relation que nous entretenons avec nos proches, compte davantage que le nombre de nos proches. Ainsi, les personnes malheureuses en couple, en manque d’affection ou exposées à des conflits incessants iraient moins bien que les autres. Et à choisir… il vaut mieux ne pas être en couple plutôt que s’acharner dans un équilibre précaire ou des relations vides de sens. La complicité est nécessaire à la vie du couple et doit être entretenue pour éviter les troubles émotionnels.

3 – de construire des relations durables :

il est important d’établir des relations qui durent avec le temps. Cette étude a montré que les personnes qui s’estiment satisfaites de leur relation amoureuse à 50 ans, sont en meilleure santé à 80 ans. C’est ainsi que des personnes qui se sont mis en couple sans se séparer, et sans avoir eu de problèmes « sérieux », ont des meilleurs résultats à des tests de mémoire que les autres. Il ne s’agit pas d’éviter toute dispute ou d’avoir une relation « lisse », mais d’établir un socle de la relation qui soit solide.

Par rapport à l’hypothèse de départ, l’étude remet complètement en cause l’impact du milieu social sur le niveau de bonheur atteint : ce n’est pas le milieu dont on provient qui influence notre capacité à devenir heureux. Car bien plus que l’argent ou la réussite professionnelle, ce qui compte est d’un tout autre ordre : il s’agit de la qualité de nos connexions sociales. Nous avons besoin d’interactions et de liens avec les autres, nous avons besoin de donner et de recevoir et nous avons besoin d’appartenir à un groupe.

Je trouve cette phrase de Sénèque très jolie : « Une personne qui ne regarde qu’elle et ne considère les choses que dans son propre intérêt ne peut vivre heureuse. Si vous voulez vivre pour vous, vous devez vivre pour votre voisin ».

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